19.7.16

H+ypothèse 2

A la fin du mois de juin, j'ai retravaillé sur H+ypothèse, saison 5 de mon projet Perdus dans l'immensité, dans le cadre de Ecritures théâtrales en chantier et sous l'égide du CDN du Poitou-Charente. Impulsée par Laure Bonnet, l'opération regroupe des auteurs et des experts, nous étions au Moulin du Marais à Leray, les textes sont lus et décortiqués, ça discute, ça échange, ça envisage et nous voilà parti pour une semaine de réécriture.
Un plaisir. 
Chercher, avancer, rayer, aller plus loin tout en gardant l'équilibre du funambule, rayer encore, reprendre, relire ce qui a été rayé pour aller vers une nouvelle piste... etc...
Lis tes ratures
Littérature
Un plaisir aussi de tendre les situations autant que possible et de se questionner.  Le sujet de la pièce est vertigineux. Il s'agit du prolongement de la vie jusqu'à mille ans, voire davantage. Ce n'est pas de la science-fiction. De nombreux savants estiment que nous sommes sur le point d'y parvenir, là, à l'horizon des années 2050. Des budgets privés colossaux sont investis dans la recherche en nanotechnologie, informatique, microbiologie, sciences cognitives. Les adeptes du transhumanisme, mouvement californien qui regroupe en particulier les responsables des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), sont engagés à fond dans ces recherches.
Tout un train d'interrogations, mêlé de fascination et d'inquiétude, vient immédiatement à l'esprit, je vous encourage à faire le chemin...
On meurt pour laisser la place aux autres, m'a dit une personne âgée.

Voici un extrait de ce que relate un personnage de la pièce face à une intelligence artificielle...

Je respire je parle je vois mon fils et déjà j'invente du différent
Si je mets tout entre parenthèses, c'est-à-dire si je ne cherche rien, si je ne cherche pas à, si je n'ai pas d'intention, comme une promenade le long d'une plage, je marche sans but, je parle je me tais, je regarde j'écoute, le temps a une odeur et cetera
C'est-à-dire si je n'essaie pas de mettre les choses dans des cases tout de suite ça là ça là ça là dans mon cerveau ce que je ressens, si je retarde le fait d'étiqueter, de catégoriser
C'est-à-dire si j'évite de comparer, comparer ce que mes cinq sens appréhendent du monde qui m'entoure avec le stock mega géant d'infos que j'ai emmagasinées depuis que je suis né, de Platon aux pubs pour les assurances, si j'évite tout ça ou plus exactement que je le laisse en arrière, et que je suis simplement là comme ça à marcher laissant la trace de mes pas derrière moi qui disparaîtront avec la marée qui monte et qu'on parle ou pas que je tienne mon fils par la main ou pas et que je reste ouvert à tout cet espace, ce plein du monde qui tremble au-dessus de l'horizon
Et bien là oui
ouvert
j'invente
Et toi?

Vers un premier article sur H+ypothèse : ici

20.6.16

Visages métalliques

En parallèle à mon travail sur les "cri monde", cf les articles précédents, je poursuis la recherche sur le visage en trois dimensions, à la fois en épurant les formes, à la fois en utilisant des matériaux de récupération. J'ai réalisé les sculptures ci-dessous dans l'atelier de chaudronnerie du lycée Chennevière-Malézieux.

Cri métal

Cu 1

Cu 2

Visage avec vanne d'arrêt

17.6.16

Cri monde 3

Depuis quelque temps je mets également de la transparence et du relief dans mes "cri monde". Selon la position de celui qui regarde, selon la lumière, les visages évoluent. On ne peut évidemment s'en rendre compte sur des photos...

Ici le dessin est effectué en blanc sur blanc. L'éclairage derrière la feuille permet de faire ressortir le motif.

Cri monde 43

Dans cet exemple le dessin est effectué sur une feuille transparente, la couleur et les ombres sont en arrière de 1,5 cm environ.

Cri monde 47

Avec seulement du pliage,

Cri monde 52

Ou du découpage,

Cri monde 53

Ou encore tout à la fois,

Cri monde 66

Voire dans une ancienne cagette de fraises.

Cri monde 68

16.6.16

Cri monde 2

Je continue mon travail sur le "Cri monde". Tout se tient avec les articles précédents, en particulier l'idée de ne pas lever le crayon de la feuille ou d'utiliser des matériaux de récupération comme support. Je poursuis ce parcours, m'étonne de chercher encore dans la direction du cri, m'aperçois qu'il y a toujours plein d'options nouvelles à prendre, toutes différentes et prometteuses....

Cri monde sur une ancienne feuille d'impôts:

Cri monde 35

Cri monde sur billet de train :

Cri monde 36


Cri monde sur carte routière :

Cr monde 39

Cri monde en plus grand :

Cri monde 44

Cri monde chatoyant :

Cri monde 48

Cri monde plus terre à terre :

Cri monde 57

Cri monde comme une écriture, direction prise lors de la résidence à l'école du Revest-Les Eaux, cf article précédent...


Cri monde 63

Cri monde sur couverture de livre ancien :

Cri monde 70

Cri monde sur carton d'emballage :

Cri monde 71

Visages avec une classe de CP

En mai, après la résidence au collège (cf article précédent), je suis resté une semaine entière dans l'école primaire du Revest-Les-Eaux près de Toulon. Il s'agissait de travailler sur le portrait lors d'ateliers d'une demi-journée avec chaque classe.
Voici comment j'ai procédé avec les CP, les plus petits. Je leur ai montré qu'on pouvait dessiner un visage sans lever le crayon. D'où le déroulé : 
1. Me regarder en silence pendant 30 secondes de façon à ne pas dessiner plus tard le nez dans les oreilles et les yeux dans les cheveux... 
2. Etre prêt crayon en l'air. 
3. Dessiner sans avoir le droit de lever le crayon.
4. Au bout de 2 minutes chrono, stop, mettre le crayon en l'air.
5. Me regarder à nouveau 30 secondes pour repérer où se situent les ombres et les points lumineux sur mon visage.
6. Colorier à sa guise après avoir expliqué que selon Kandinski la couleur bleu donne l'impression de profondeur (aussi loin que le ciel) alors que le jaune celle d'être devant (comme un reflet du soleil).
L'aspect "jeu" et le challenge les font adhérer à la proposition à 200%!
Voici quelques travaux d'élèves que je trouve personnellement à couper le souffle.


Exposition d'une classe de CP et mon dessin sans lâcher la craie en exemple















15.6.16

Résidence dans un collège

En mai, j'ai été en résidence au collège Alphonse Daudet de La Valette à l'invitation du principal, monsieur Gérard Leca. Une telle résidence implique un temps d'atelier avec des classes et un temps de travail personnel dans un espace dédié où les élèves peuvent me rendre visite et échanger. C'est en étant en situation de création que l'artiste apporte le plus à l'ensemble de la communauté éducative et monsieur Gérard Leca l'a bien compris. J'ai donc continué mon chemin sur le "cri monde". Voici l'oeuvre que j'ai offerte au collège:


Cri monde 61, acrylique sur papier

Un élève m'a confié : monsieur, on dirait des gens dans un immeuble qui crient. Du coup voici, à titre d'exemple du parcours entrepris, la consigne donnée à une classe de 5ème : se ressouvenir d'un lieu du collège où vous avez éprouvé une émotion forte, représenter lieu et émotion par l'écriture et/ou le dessin. Avec leur professeure d'arts plastiques, nous leur avons montré des tableaux abstraits de Pollock, Rotkho ou Kandinski et nous en avons discuté : comment traduire une émotion ?


Travail d'un élève de 5ème
Je propose ci-dessus la composition de Yann. Je la trouve remarquable car représentative de la démarche souhaitée. Observez bien. Le lieu évoqué est indiqué en haut à droite: la table de ping-pong. Le trait jaune plus large que les autres, vaguement vertical, représente le filet et le rond orange la balle. L'émotion, la joie - la peur, est écrite en haut à gauche. 
D'abord la forme : la table est composée de structures géométriques anguleuses sauf le cercle jaune qui par contraste donne sa valeur à l'ensemble et en fait "chatoyer" les éléments. Et ce cercle est le coeur même du projet de l'élève puisqu'il représente la balle, objet de toutes les attentions au ping-pong. L'élève n'a pas pensé esthétique mais transcription au plus près de son ressenti. Alors quelque chose est advenue qui le dépasse et qui est juste. 
Ensuite les couleurs, là aussi on pourrait décrypter, remarquer que dans la joie - la peur, il y a bien sûr des zones d'ombres... etc... Je laisse à chacun le loisir de poursuivre.

31.5.16

A mots découverts

Depuis de nombreuses années, je travaille avec "A Mots découverts", un collectif d'acteurs et de metteurs en scène qui me passionne, laboratoire vivant de l'écriture théâtrale. Nous lisons les textes en devenir, nous rencontrons les auteurs, nous organisons des séances de travail avec eux dans un seul but : que leur écriture se révèle encore davantage.
Jamais l'écriture théâtrale n'a été aussi diverse, profonde, chatoyante, singulière, d'une qualité et d'une exigence inouïe. Malheureusement trop souvent ignorée. Venez la découvrir lors du festival les Hauts Parleurs créé justement par A Mots Découverts.



Les Hauts Parleurs

du 1er au 5 juin 2016
au Grand Parquet 
jardins d'Eole - 35 rue d'Aubervilliers (Paris 18e)

5 jours pour fêter la parole théâtrale d'aujourd'hui
40 auteurs - 50 artistes
lectures-débats
tables-rondes
performances & impromptus scéniques

réalisation collectif à mots découverts