6.6.14

Visages en relief

Dans "S'amuse s'ennuie", troisième volet de ma saga "Perdus dans l'immensité", le personnage de l'artiste s'interroge sur son parcours, questionnement évidemment qui rejoint le mien. En voici deux extraits, fruits de mon travail sur le visage.

"… Qu’est-ce que je cherche avec tous ces visages ? Qu’est-ce que je cherche à figer qui est fugitif ? La singularité de chacun ? Ou au contraire un point commun à tous et qui n’est pas défini, voire chimérique ? Le visage humain m’interroge comme je m’interroge moi-même. Et ce qui m’interroge, ce n’est pas l’individu seulement, l’un puis l’autre puis l’autre encore, déconnecté du tout. Non, au contraire, c’est l’individu en sa qualité de faire partie du tout, en lien avec le tout, inséparable. Peindre un visage, c’est peindre le monde. Le monde et le rapport que ce visage entretient avec le monde. Et donc le rapport que moi-même j’entretiens avec le monde et que je capte dans le visage de l’autre. Peindre un visage, c’est peindre le temps qui nous appartient, le modèle et moi, ce temps de travail ensemble que l’on se donne mutuellement. Dit autrement, peindre un visage, c’est peindre l’individu en ce qu’il est proie du monde, embarqué dans la nef du monde. Tout comme moi. Là peut-être réside le point commun. A la fois otage et acteur, à l’image du modèle et du peintre. Ce lieu de friction me fascine. En voulant s’affranchir, l’homme fabrique son propre enfermement dont il cherche à nouveau à s’affranchir en fabriquant à nouveau… etc… En cette désespérante course vers l’espoir réside la dynamique qui fait que vivre vaut le coup. Néanmoins cet appétit demande confirmation en permanence dans le regard de l’autre…"


Appel


"… Ce qui importe, c’est le temps. Le temps de peindre le portrait. Au départ, les gens sont mal à l’aise. D’eux-mêmes, ils ne montrent que le visage social, le masque. Mais petit à petit, ils oublient que je les observe, ils lâchent prise et se perdent dans leurs pensées. Un court instant, le visage se modifie. C’est le même pourtant. Mais la frontière derrière laquelle ils se cachent s’efface. Quelque chose jaillit du plus profond de l’être, perce la surface, éclabousse le regard. Toujours, je l’ai constaté, émerge alors une figure tragique. Eblouissante. C’est cet instant-là que je traque…"


Visage stop


Les 14 et 15 juin prochain, j'expose les dernières avancées de ce travail sur le visage. C'est à l'occasion des portes ouvertes des Lézarts de la Bièvre.


Foyer des jeunes travailleurs
21 rue Daubenton 75005 Paris
Le samedi 14 juin de 14h à 18h
Le dimanche 15 juin de 14h à 20h

D'autre part, le samedi 14 juin à 11h, je donne RV au bassin du Parc Kellermann, 75013 Paris, où sont érigées en permanence trois de mes sculptures. Je vous les ferai découvrir…


Nom prénom adresse


Au plaisir de vous voir.
Bruno Allain


Visage rapide



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