Je travaille actuellement sur la migration. Sont nés en duo un texte et une sculpture intitulés Devant. Ci-dessous une vidéo donnant un aperçu de cet ensemble.
5.11.24
15.8.24
Bord Cadre
Laura Pelerins et Philippe Orblin de Hippolyte 14.3 m'ont convié aux Rencontres Estivales de la Velouse à Charly dans le Cher. Je leur ai proposé une exposition déambulatoire sur le thème du réchauffement et de la migration : "Quand le champ devient un désert, il n'y a plus le choix, il faut partir." Voici les neuf stations de cette promenade. A chacun de se positionner pour "cadrer"...
| Marche sur le mur |
| Marche à travers champ avec précaution |
| Marche sur le pont |
| S'accroche aux nuages pour traverser les frontières |
| S'adosse à un arbre |
| En quête d'horizon |
| Marche sur la route |
30.5.23
Portes Ouvertes Lézarts de la Bièvre
Comme chaque année, je participe aux Portes Ouvertes des Lézarts de la Bièvre avec mes amies Janick et Emmanuelle les 10 et 11 juin. Nouveauté : le samedi et le dimanche à 18h, je lirai quelques uns de mes textes surprises... Au plaisir de vous retrouver.
Et tout cela pendant l'exposition au 222 Faubourg Saint Honoré ! Cf le post précédent...
17.5.23
Exposition au 222

11.4.23
On n'est pas tout seul
A la demande de Bruno Cochet, directeur du théâtre de Rungis, je travaille depuis l'été dernier avec un groupe de personnes valides et handicapées (GEM de Rungis) dans le but de créer un spectacle. J'ai demandé à Véronique Vellard de m'accompagner dans l'aventure. Recueil de paroles, improvisations, mouvements d'ensemble, récits de vie... voilà autant de matériaux que nous avons petit à petit enchâssés les uns aux autres afin d'aboutir à On n'est pas tout seul. Ils sont plus d'une vingtaine sur scène. Vous pourrez les applaudir le 18 avril à 20h au théâtre de Rungis. Venez les écouter : leurs témoignages sont d'une grande richesse.
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| Première répétition sur le plateau du théâtre |
30.6.22
Autoportrait à la frontière
Les UPE2A sont de jeunes migrants arrivés en France et scolarisés depuis peu. Ils ont pour la plupart accompli un périple inouï au péril de leur vie. "Moi, Monsieur, j'ai traversé vingt-quatre frontières", m'a confié l'un d'eux venu d'Afghanistan. Sous-entendu clandestinement... Avec leurs enseignantes du Lycée Professionnel René Cassin, Madame Solène Lalfert et Madame Virginie Rampon, et dans le cadre d'une résidence du CNL, nous leur avons demandé de travailler sur la notion de frontière. "Le respect est une frontière, monsieur". Ils ont ensuite exécuté un dessin abstrait symbolisant une émotion forte en lien avec leur voyage. Voici quelques images de leur production affichée dans une salle ayant servi de bureau de vote aux dernières élections. A regarder et lire !
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| La joie d'obtenir ses papiers |
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| Trois choses |
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| Mon Village |
4.6.22
Exposition à la Galerie JSK
Au plaisir de vous accueillir. Toutes les indications sont dans l'invitation ci-dessous...
Voici un lien vers la série des Cri-monde que je vais exposer : ICI
29.4.22
Face au déchaînement
Le présent est sur un pied. Il arrive qu'il prenne sa respiration mais ça ne dure pas. Je suis en déséquilibre. Je ne parviens pas à saisir. Ça s'enfuit. Le présent s'enfuit. La seule constante, c'est mon coeur qui bat. Je ne le sens pas. J'allais même dire je ne le sais pas, ce qui est faux. Je ne m'en rends pas compte ou plus exactement je n'en ai pas conscience, les secondes passent. Je sais sa présence. Parfois ma jambe frémit à son rythme. Au dehors, il y a du vent. Dans ma tête, c'est la tempête. D'ailleurs est-ce bien sûr ? Je me demande si ma pensée suggère l'écrit ou si l'écrit induit ma pensée. Qui précède quoi ? J'entends des détonations. Il y a la guerre quelque part. Je marche dans la rue et il y a la guerre quelque part. Est-ce que je peux marcher encore ? Sans doute. Le présent que je vis n'est pas le présent des détonations. Je les entends pourtant. Et mon coeur se serre, je le sens. Et il ne bat plus, ce qui est faux. Il fait l'expérience de la mort, je me dis. Et je m'en veux. Tu joues, tu joues. Ici tu joues mais là-bas. Là-bas il y a des coeurs qui ne battent plus et ça ne joue pas. Est-ce que je culpabilise ? Oui. Ou plutôt non. C'est juste une apathie. Un confort. Celui de l'artiste qui brandit son arme symbolique. Vous voyez, moi, je fais quelque chose. Je ne suis pas spectateur comme vous. Je me révolte, je fais des dessins contre la guerre et je les publie sur mon blog. Ah la belle affaire. Et d'ailleurs est-ce bien sûr ? Faudrait-il rester silencieux ? Ou intégrer un bataillon international ? Seule alternative quand il y a un déluge d'acier ? Dans quel lieu est-ce que je vis ? Tout est beau et propre. Un jeune homme en peignoir se prélasse au soleil sur la terrasse de son appartement. Je le vois. Et je vois des ruines, des immeubles éventrés, des empilements de boites à chaussures vides sur lesquelles on aurait marché et mis le feu, des amoncellements d'histoires concassées, déchirées, émiettées, des corps écorchés, abandonnés, désarticulés sous la neige matinale, des déflagrations silencieuses dans les regards d'enfants. Seulement il faut bien. Je continue. Le présent ne s'arrête pas pour observer, se délecter ou dénoncer. Le présent apporte de nouvelles boites à chaussures vides sur lesquelles je marche moi aussi. Je m'arrête. Je suis sur un pied. Je ne parviens pas à saisir ce qui m'arrive. Je cherche à me raccrocher. Mais il n'y a que le vent. Le vent.
| Face au déchaînement |
Je veux rester en suspension, vigilant, aux aguets. Ne pas entrer dans cette danse de la mort. Je ne peux pas. Je m'en donne l'illusion en agitant les bras. Ou au contraire en respirant profondément pour ôter toute agitation et me statufier avec la conscience de mes battements de coeur. Funambule imaginaire. J'y crois. Je crie en dedans. Victoire, victoire. Ça marche le temps d'un présent qui déjà passe. Le déséquilibre caché derrière je ne sais quel paravent réapparaît. A quoi me raccrocher ? Il n'y a que le vide. Je fais le pas. A nouveau je marche. Bien sûr ce ne sont que des boîtes. Je ne suis pas armé. Je ne marche pas muni de bombes sur des immeubles où s'entassent des réfugiés. Il n'empêche. Où ai-je mis ma fierté ? Il y a la guerre et je marche comme si de rien n'était. Ou plutôt non, le rien est là, l'anéantissement des uns par les autres, humains, frères. L'anéantissement volontaire de frères les mains attachées dans le dos. Comment est-ce possible ? Le rien s'ouvre sous mes pas. J'essaie de me mettre à la place du bourreau. Je n'y parviens pas. Je me dis : je fais partie de l'humanité et l'humanité agit avec une cruauté inégalée qui me dépasse. Quoiqu'il arrive, je suis solidaire. A la fois victime et bourreau donc. Je me contorsionne et crie en m'imaginant victime, la chair à vif la torture l'insoutenable. Me voilà sur un pied tordu grimaçant. Je m'en veux. Tu joues, tu joues à nouveau, tu joues à l'horreur. Ici dans la maison cossue. Le printemps se rue à la fenêtre, les arbres fruitiers en fleurs, blancs comme neige sur le bleu du ciel, le vert tendre des prés, les coucous qui affleurent. Se superposent des images de bâtiments ruinés, de voitures écrasées, de corps calcinés, de destructions qui atteignent, entament, sapent, révoltent, anéantissent. Je suis un nanti. J'ai suivi la voix de mes désirs. J'ai une vie de coin de cheminée. Je n'ai pas connu la guerre. Je ne l'ai approchée que par intermédiaire. L'histoire, les images, le cinéma, les actualités, les journaux, les réseaux sociaux, le regard d'un lycéen rescapé de Syrie... Lui seul a vraiment réduit la distance entre ici et là-bas ! Tout est affaire de géographie. Je suis démesuré. Il me suffit de tendre les bras pour embrasser la terre. Je touche du doigt l'autre bout du monde. A la fois une réalité. A la fois une chimère. Je me dilue. Je suis au courant de tout ce qui est important. Même si cela se passe à Shanghai, à Montevideo, à Pretoria. Qu'est-ce qui est important ? Je ne choisis pas ce que je sais. Je suis bombardé d'informations. Cela ne tue pas. C'est une guerre soda. Sucrée, cancérigène. Elle me flanque le vertige. Le présent se dérobe. La tête me tourne. Comment rester à l'écoute sur un pied ? Je rêve de voler. Banalité sexuelle. Au sommet de la courbe. J'essaie de me rassembler, de cristalliser mon énergie. Je suis aidé par la contemplation : le ruban diaphane bleu ardoise du Morvan au loin, la prairie qui se couvre du jaune des pissenlits, le bruissement des insectes dont la litanie soulève la terre sous mes pas... Le monde se crispe. Le repli sur soi menace. Moi le premier. Plus ce qui est important, même venant au-delà de mon horizon, m'assaille, plus je cherche à me protéger. Ou plutôt il y a un trop. Un trop au-delà duquel je ne veux plus rien entendre. Et ce trop pour beaucoup est atteint. Tu te retrouves à devoir choisir entre deux pires le moins maléfique, le moins enfermé, le moins certain. Dilemme ? Non. Chance. Il y a encore un choix. Il est des lieux où l'on te jette en prison pour avoir brandi devant ta porte une feuille blanche format A3, pour avoir prononcé le mot guerre, pour avoir ouvert un parapluie sans qu'il pleuve. La démocratie n'est pas seulement un mot qu'on agite comme un drapeau. C'est un acte permanent. Un présent, le mien heureusement. Ce présent démocratique exige mon attention, mon invention, ma bienveillance. Certains l'usurpent, usent du mot et en ôtent sa substance. Le présent alors se fige et tu te courbes, le nez au sol sans horizon, tu te tais, tu t'assourdis. Là-bas aujourd'hui. Ici bientôt ? Seul le différent anime, incite à franchir la frontière, révèle la splendeur du monde. J'aime outrepasser ma peur. Je suis un voyageur d'âmes. La rencontre est irremplaçable. Ce je-ne-sais-quoi qui fait presque-tout quand on est en présence. Information n'est pas connaissance. Le regard de l'autre m'a permis de connaître, au-delà des mots. Pourtant la tentation de se retirer existe. Cultiver son jardin, à la manière de Candide. Ce n'est pas une question d'âge mais de lassitude. La fatigue qui envahit est mauvaise conseillère. Il faudrait dormir et rêver. J'écris cela alors que je suis en proie aux insomnies. Contrepartie de ma volonté à pourfendre la lassitude. Justement. Chat qui se mord la queue. Je ne me résigne pas. Mon énergie se cristallise. Il s'agit encore et toujours d'être au monde. A la fois né au monde, ouvert au monde, appartenant au monde, partie prenante du monde. La mort est constitutive des moments heureux. Ce qui ne dure pas enferme du précieux. J'aime l'éphémère. Comme le présent danse sur une jambe. En temps de paix. Sinon tout cela se renverse... Il n'y a pas de sang impur, ni de sillon à abreuver. Plutôt que répandre le sang, faites pousser du blé, lance une femme ukrainienne aux soldats russes. Elle fait face, les deux pieds ancrés au sol, et porte un foulard sur la tête comme les mères de famille française des années 60. Il arrive que cultiver son jardin soit un acte de résistance.
Solidarité Ukraine
Je ne connais pas la guerre. Je ne l'ai jamais vécu. Je n'en ai des échos que par les médias. Comme celles en ex-Yougoslavie, au Ruanda, en Syrie ou ailleurs, la guerre en Ukraine me laisse abasourdi. Je ne sais comment agir. Peut-être est-ce aussi pour cela qu'elle me préoccupe tant.
Alors je poursuis mes cri-monde...
| UKR 1 |
| UKR 2 |
| UKR 5 |
20.4.22
Exposition au théâtre de Rungis
| ) Théâtre ( |
| Suspendu |
| Arbre |
| Perché |
| L'homme qui dit oui |
| Cinq gueulards |
2.12.21
EcriT
Après deux reports, l'exposition EcriT a enfin lieu. Beaucoup de monde au vernissage le 30 novembre. La Galerie est un endroit très agréable malheureusement un peu isolé. J'y suis en permanence. Venez me voir.
Du 1er au 12 décembre 2021, tous les jours de 15 à 19h, 11-13, rue Abel-Gance 75013 Paris
| Nébuleuse de Cri monde |
| L'homme jaune et les visages blanc sur blanc |
| Petit ensemble de Cri monde |
6.11.21
Exposition avec le Cercle des Gobelins
5.11.21
NOUT
Fie Schouten, une musicienne néerlandaise remarquable, m'a demandé de composer la pochette de son prochain CD. Il s'agit, notamment à travers des compositions contemporaines de Gérard Grisey, de célébrer la déesse égyptienne Nout. Voici le résultat. Procurez-vous le CD. Ecoutez l'interprétation de Fie. Elle est fine, exigeante, emportée. Comme j'aime.
4.11.21
Reprise
Voilà presque un an que je n'ai pas écrit sur ce blog. La pandémie y est pour quelque chose. Le fait aussi que je me sois penché sur mon site aujourd'hui enfin terminé.
J'ai le plaisir d'être convié aux Théâtrales de Novembre à l'invitation d'Etc-Caraïbes, un festival à Fort-de-France consacrée aux écritures d'aujourd'hui. Ma pièce Les Petits Enfants sera lue le mardi 9 novembre à 14h à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Les jours suivants, j'animerai des masters class sur l'écriture chorale.
Voici le lien pour obtenir le programme.
Pour lire un extrait de Les Petits Enfants, allez ici. En voici un second, il s'agit de la première réplique de la pièce
ELLE : - Une trouille bleue
Quelque chose de profond
Tout pareil que le ciel
Bleue
Que ça vient de loin
Une trouille comme ça
Qui te brouille
Potage perso
Ça te tourne en dedans questions questions questions
Kalachnikov de questions
Même les journalistes au débat des présidentielles n’en posent pas autant
Une trouille j’en pleure
Impossible de dormir
La nuit j’en bascule
Perdue plus verticale
Hier mon mari me dit ben Isabelle tu ne t’es pas maquillée
Si si pas pensé
D’habitude tous les jours depuis 40 ans
Pomponnée impec rouge poudre peinte
Et là non
Mes petits enfants
Je n’ai qu’eux en tête
Mes petits enfants devant le tueur
Je les imagine
Pourquoi il enlève pas son casque le monsieur ? ils diraient
Eux qui sont curieux de tout
Pouvez pas savoir
Quand je les ai le tralala qu’ils me mettent dans le salon
Ouvrent tous les tiroirs sortent les enveloppes avec les beaux timbres les vieilles photos les boîtes d’épingles attention vous allez vous piquer !
Curieux y a pas plus kangourou qu’eux
Ben
Quelque chose me dit
Sûr ils lui parleraient
Polis
Dis monsieur
Bonjour monsieur
Pourquoi tu gardes ton casque monsieur
Et là le type pan pan pan !
J’imagine
Comme devant l’école
Mon Dieu !
Je vois mes trois petits gars avec du sang partout
Je fais bien ma respiration pourtant
Tranquille
Dans le bas ventre
La respiration que le professeur de gymnastique aquatique il nous dit que c’est celle-là qu'il faut
J’ai beau
Rien
Toujours les petits et le tueur projetés sur écran dans mon crâne
Sont pas dans le sud heureusement
Habitent La Flèche département 72 la Sarthe
Calme là-bas
Quoique
Eux aussi ils en ont des types qui on ne sait pas trop ce qu’ils font et qui traînent sur les parkings à pas d’heure
Tout ça pour dire
La trouille que je flageole dedans
J’ai encore les détonations de mon cauchemar dans les oreilles
Bleues les détonations
Et les tâches de sang comme des rivières.
17.12.20
Résidence au CRTH : Léon Paon
Ma résidence au Centre Recherche Théâtre Handicap, avec le soutien de la région Ile de France, se termine. Elle a été copieusement perturbée par la pandémie et plusieurs manifestations publiques n'ont pu avoir lieu. Il n'empêche que ce fut une année d'échanges et de travail intense, soit en direct, soit en visio. Merci à toute l'équipe du CRTH, et en particulier à sa directrice Emilie Bougoin, pour l'accueil chaleureux et la disponibilité de tous les instants. Il vous est possible d'avoir davantage de détails sur cette résidence en allant sur le site : https://remue.net/bruno-allain-au-crth-paris-xii
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| Et pourtant... Bruno Allain |
Le but de cette résidence, c'était d'écrire une pièce sur l'accessibilité intitulée leon@paon.fr. Je viens de terminer une première version. En voici une séquence :
Chaque jour de la semaine, Léon vit de nouvelles aventures devant son ordinateur.
Lundi 9h35. Léon est non voyant.
Léon - Pourtant je chevauche mon azertyuiop.
L'ordinateur - Qsdfvbnk ?
Léon - Non azertyuiop.
L'ordinateur - Qserfghuj.
Léon - Bon voyons plus simple. Où est le J ?
L'ordinateur - K.
Léon - Le J.
L'ordinateur - U.
Léon - Là ?
L'ordinateur - Raté.
Léon - Là ?
L'ordinateur - Re-raté.
Léon - Là ?
L'ordinateur - Oui !
Léon - Je.
L'ordinateur - Ku.
Léon - J'ai dit Je.
L'ordinateur - Bz.
Léon - Je n'ai plus de je ?
L'ordinateur - Vous dites ?
Léon - J-e-s-u-i-s-p-e-r-d-u
L'ordinateur - kuduismerxy
Léon - Qui suis-je ?
L'ordinateur - Vaste question.
Mardi 18h03. Léon n'a qu'un doigt.
Léon - J'ai tapé sur le clavier la recette de la dinde au whisky. J'ai appuyé sur enregistrer. Et le fichier a disparu. Il est où ?
Anne - Dans les nuages.
Mercredi 12h45. Léon est peut-être sourd mais ce n'est pas sûr.
Anne - Qu'est-ce que tu fais ?
Youtube - Il regarde la mer.
Anne - Tu viens déjeuner ?
Youtube - Il regarde la mer.
Anne - Ça va être froid.
Youtube - Il regarde la mer.
Anne - Je te laisse une banane ?
Youtube - Il regarde la mer.
Anne - Tu feras la vaisselle.
Youtube - Il regarde la mer.
Léon - Elle me manque.
Jeudi 18h10. Léon réserve un billet de train.
La SNCF - Foire aux questions.
Léon - Je suis déficient visuel et je me déplace avec un vélo tandem. Comment faire pour voyager en train ?
La SNCF - Les tandems ne sont pas admis. Toutefois si certains modèles démontables ne dépassent pas 120 cm de hauteur et 90 cm de largeur lorsqu'ils sont pliés, ceux-ci peuvent être acceptés à condition d'être rangés dans une housse ou sac de transport.
Léon - Va falloir investir.
La SNCF - Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter la page dédiée sur le site sncf.com : voyager avec votre vélo.
Léon - Je clique.
La SNCF - La page que vous demandez n'existe pas. Que recherchez-vous ?
Léon - Je suis déficient visuel et je me déplace avec un vélo tandem. Comment faire pour voyager en train ?
La SNCF - Les tandems ne sont pas admis. Toutefois si certains modèles démontables ne dépassent pas 120 cm de hauteur et 90 cm de largeur lorsqu'ils sont pliés, ceux-ci peuvent être acceptés à condition d'être rangés dans une housse ou sac de transport.
Léon - Ok ok...
La SNCF - Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter la page dédiée sur le site sncf.com : voyager avec votre vélo.
Léon - Je reclique.
La SNCF - La page que vous demandez n'existe pas. Que recherchez-vous ?
Anne - Et si on y allait en voiture ?
Vendredi 15h12.
L'ordinateur - Léon a retrouvé le fichier de sa recette de la dinde au whisky dans le dossier Assurances. Il l'a ouvert. La page était blanche...
Et Léon est devenu muet.
Samedi 2h29 du matin. Léon est en proie à une angoisse vertigineuse.
Léon - Si j'éteins l'ordi, avec tout ce qu'il y a dedans, le monde ne va-t-il pas disparaître ?
Dimanche 10h30. Léon a voulu redémarrer l'ordinateur. Celui-ci est resté muet.
Léon - Où est le monde ?
L'ordinateur - Sunday closed.
Anne - Qui est muet ?
14.12.20
EcriT 3
Mon exposition EcriT aurait dû démarré il y a une semaine. Pour la deuxième fois, en raison de la pandémie, elle a été reportée. Voici quelques oeuvres qui devaient y figurer.
| cri-monde 197 |
| cri-monde 215 |
Pour les deux suivantes la couleur brune est issue d'un bain au brou de noix...
| cri monde 218 |
| cri monde 220 |
10.12.20
Survivre
A Paris, je vais souvent au Jardin des Plantes. Mon oeil se serait-il exercé ? Toujours est-il que me promenant dans les rues avoisinantes m'est venue l'idée d'une série de photos intitulée Survivre. Peut-être l'air du temps y est aussi pour quelque chose. En voici un aperçu.
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| Survivre 1 , Bruno Allain |
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| Survivre 2, Bruno Allain |
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| Survivre 4, Bruno Allain |
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| Survivre 5, Bruno Allain |
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| Survivre 6, Bruno Allain |
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| Survivre 7, Bruno Allain |
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| Survivre 10, Bruno Allain |
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| Survivre 11, Bruno Allain |
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| Survivre 12, Bruno Allain |
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| Survivre 15, Bruno Allain |
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| Survivre 16, Bruno Allain |























