7.2.16

Ce qui nous pousse 2

Nous venons de jouer les deux premières sessions de "Ce qui nous pousse", le duo voix-musique que nous avons créé Lucas Barbier et moi-même. La troisième session a lieu cet après-midi à 17h au Local (cf article précédent). Les retours sont magnifiques et chaleureux. De nombreux spectateurs nous demandent: vous avez enregistré un CD? Les textes sont-ils publiés? Nous sommes au regret de répondre: pas encore. Mais oui oui bien sûr c'est en projet...

Ce qui nous pousse, concert
En attendant voici un des textes de ce concert, texte que j'avais écrit lors d'une résidence en Normandie dont vous pouvez trouver des articles sur ce blog ici et ici et .


   Tout appartient à la terre,
   seul le temps est à toi, le temps de ton passage ici-bas,
   entre cri et murmure, quand tu t’assembles, quand tu t’éteins.
   En revanche, ce qui s’assemble, ce qui s’éteint, ne t’appartient pas.
   Ton halètement dans le bruissement du monde est à toi, pas le corps qui halète,
   le plaisir de la caresse est à toi, pas la main qui caresse,
   la lumière de ton visage est à toi, pas les yeux qui brillent.
   Tu te lèves, tu te couches, la terre tourne,
   la beauté de l’arbre est à toi, pas l’arbre lui-même, il tourne aussi, ton corps comme l’arbre appartient à la terre.
   Autres choses sont les jours et les nuits.
   Car le souffle qui t’anime,
   tant qu’il tient,
   t’appartient.
Bruno Allain


Vous pouvez également cliquer sur le lien ci-dessous pour entendre la première "chanson"

23.1.16

Ce qui nous pousse

Nous nous sommes rencontrés, Lucas Barbier et moi-même, sur "tu trembles" grâce à La Charmante Compagnie. Depuis plusieurs mois, nous nous voyons régulièrement. Je lui propose des textes. Il les met en musique. Je les "dis-chante". Il les joue à la guitare avec boucles. 
Nous avons ainsi élaboré un nouveau spectacle intitulé "Ce qui nous pousse". Nos premiers concerts auront lieu les 5, 6 et 7 février prochain. Palpitant et réjouissant.
Si vous cliquez ci-dessous, vous entendrez un épisode : Vous partez...



Un des textes du spectacle a déjà été publié dans ce blog ICI

21.1.16

Cri monde

Parfois ça arrive
quelque chose m'envahit qui me surprend
une idée, une émotion, une nécessité
et je la décline
c'est le cas avec ces "cris mondes"
qui continuent de me hanter

Cri monde 4

Cri monde 19

Cri monde 21

Cri monde 23

Cri monde 26
Jusque sur les T-shirts...


20.1.16

S'amuse s'ennuie

Après "Tu trembles", le compagnonnage avec La Charmante Compagnie se poursuit. Nous continuons notre travail sur "Perdus dans l'immensité", longue saga en cours d'écriture à partir d'articles du journal du Monde. "S'amuse s'ennuie" est le deuxième volet. Le texte interroge en particulier l'univers de l'entreprise et décrit comment la main mise du monde financier altère les relations humaines. Pour illustrer ce propos de manière concrète, nous lançons un programme de recherche autour des nouvelles technologies. Les acteurs seront munis de capteurs biométriques et ainsi modifieront en temps réel l'espace numérique de la scène.
Une première présentation du projet se déroulera à la maison des auteurs de la SACD le 2 février à 15h. Une introduction avant le montage du spectacle proprement dit pour la saison 17-18...




Ci-dessous un extrait du texte qui met en lumière une démarche bien connue des financiers...

La journaliste devant une caméra se filme elle-même.

La journaliste- Comment acheter une entreprise en déboursant le moins possible  ?
LBO, ça s'appelle, Leverage buy out.
Vous associez quelques amis, vous créez une holding qui s'endette auprès des banques justement pour acheter la boîte que vous convoitez, une dette qui peut aller jusqu'à 80% du prix d'achat.
Cette dette, vous la remboursez chaque mois avec les profits que génère l'entreprise.
Evidemment il faut qu'elle fasse des bénéfices, qu'elle vous «  remonte du cash  » comme ils disent.
Pour cela un, cibler une bonne boîte c'est-à-dire avec du potentiel  ;
deux, élaguer restructurer optimiser pour réduire les coûts de production en gros la presser comme une orange  ;
trois, vous êtes là à court terme, vous pouvez oublier d'investir, ça augmente d'autant les profits immédiats.
Pendant ce temps vous usez d'avantages fiscaux puisque la holding est endettée et vous vous faites grassement payer pour vos conseils en management.
Bref, si vous jouez bien, avec les profits générés, vous remboursez la dette au bout de 5 ans, c'est ce que cherchent les investisseurs, et vous revendez dès que l'occasion d'une plus-value se présente. Généralement c'est sans problème  : en remboursant la dette, vous démontrer que la boîte est en capacité de se racheter elle-même en peu de temps, cinq ans c'est rien, ce qui signifie qu'elle usine bien, qu'elle vaut le coup, les acquéreurs le savent.
Moralité, vous avez misé un minimum et vous récoltez le pactole.
Jack pot.
Or si on réfléchit, à l'issue du processus, qui sont ceux vraiment qui rachètent la boîte aux profits des investisseurs  ? 
Par leur travail  ?
Et le payent cher  ?

Le mort apparaît.

La journaliste- Pour le film, je laisserai la question en suspens, je montrerai juste des visages d'ouvriers qui sortent de l'usine mais dont les pensées visiblement sont toujours à l'intérieur.


6.1.16

Agir

Cette aquarelle effectuée en 2003 n'a rien perdu de son actualité.


Sans titre (copyright Bruno Allain)

Engagement artistique, transmission. Plus que jamais, le partage de mon travail avec les jeunes générations (en particulier collégiens et lycéens) m'importe.
Bonne année 2016.

6.12.15

"Quand la viande parle" à Paris

Allez voir Marie, Marjorie, Antoine et Julien au théâtre des Déchargeurs. Les événements de novembre n'ont pas permis aux salles de spectacle de se remplir. Pourtant, sous la houlette de Manu Doublet, ils prennent le texte de "Quand la viande parle" à bras le corps. C'est énergique et vivifiant.
Et ce n'est pas une mince affaire. En son temps, j'ai adoré écrire cet ensemble de scènes situées entre le nombril et le genou et aujourd'hui publiés aux Impressions Nouvelles.

Un aperçu de la mise en scène

L'affiche

7.11.15

Résidence à Kourou

J'ai passé le mois d'octobre à Kourou en Guyane à l'invitation du Théâtre de l'Entonnoir. Ma mission : créer la scénographie du spectacle "Les fils d'Ariane" joué par une centaine de lycéens et de jeunes de quartiers défavorisés dans une mise en scène de Ricardo Lopez Munoz et Magali Leris. Avec des élèves du lycée professionnel Elie Castor, leur professeur Denis Lepan et le régisseur Fabrice Lenouvel, nous avons construit un "Minotaure" de 5 mètres de haut, monté sur une remorque à bateau pour qu'il soit aisément maniable par deux ou trois personnes. Les dreadlocks de la bête sont composés de plus de 2000 bouteilles plastiques. Son museau a été réalisé en placage de bois exotiques. Sur scène, des yeux au bout de perches complètent le visage. 


Le Minotaure inachevé en voyage dans Kourou

Toujours en promenade

Me voilà en formateur menuiserie...

Le Minotaure couché en construction

Dans le ventre de la bête


Avec d'autres élèves et leur enseignant Paul Payet, nous avons réalisé des oiseaux de 2 mètres d'envergure qui sont fixés eux aussi au bout de longues perches et qui accompagnent le Minotaure. Icare, quant à lui, interprété par un lycéen, possède des ailes d'une envergure de 4 mètres. 

Premier vol

D'autres élèves encore, notamment de la classe ULIS de Béatrice Fillon, ont élaboré des masques hurlants. Bref il s'agit de tout un dispositif avec lequel les jeunes répètent aujourd'hui. Le spectacle se déroulera les 20 et 21 novembre au Centre Culturel de Kourou.

Exemple de masque (posé sur un établi)


J'ai ensuite fait écrire les élèves en adaptant le mythe du labyrinthe à leur quotidien d'aujourd'hui. Il y a des textes renversants. Pendant les vacances scolaires, plus de soixante jeunes sont venus tous les jours travailler avec nous pour l'élaboration du spectacle. Le travail en équipe (sans oublier Anne Meyer, la chorégraphe) a été un vrai bonheur. Un clin d'oeil à Isabelle et Jean-Luc.

Bas relief en répétition

Il y a trois ans, j'étais venu dans ce même lycée Elie Castor pour une une résidence intitulée "Le Cri de l'encre". Entre autre réalisation, nous avions construit un totem de 5,50 mètres avec des élèves CAP ébénisterie. Le rectorat de Guyane avait tenu à ce qu'il soit exposé à Cayenne. Le lycée a réclamé qu'il revienne. Il trône à nouveau dans la cour. Quelques enseignants m'ont dit inciter certains élèves à aller crier dans le totem quand ils sont trop turbulents...

Le totem au lycée Elie Castor en octobre 2015